02 février 2007

L'homme blanc considère du haut de son Europe ces tas de sauvages d'un oeil curieux

Jardin zoologique d'acclimatation Somalis

Almanach

Cette affiche vante une activité qui est un spectacle ethnographique* à Paris en 1892. En effet depuis 1877 la mode se répand de faire venir des indigènes, exposés dans des enclos, dans de véritables zoos humains. Mais revenons un peu sur l’image elle-même : nous y voyons, au premier plan, un homme et une femme vêtus traditionnellement par rapport à leur pays d’origine Djibouti avec la présence de bijoux sur le buste de la femme et pour l’homme une tunique rayée qui lui tombe jusqu’aux mollets. Ils ont de plus l’attirail traditionnel c’est à dire des poteries pour la femme et des armes blanches pour l’homme qui a également un bouclier maintenu par son bras dans son dos ; de sorte que le couple apparaît comme le couple sauvage modèle de la civilisation africaine. En arrière plan on peut apercevoir deux cavaliers armés ainsi que deux chameaux qui s’abreuvent, des autruches circulant librement, des cases, et En fond d'image deux palmiers.

Revenons un peu sur le titre de cette affiche : « jardins zoologique d’acclimatation Somalis* »  jardins : espace naturel ; zoologique (noyau = zoo) : lieu de présence et de démonstration, traditionnellement, d’animaux.
Nous avons ici l’expression de la curiosité des hommes blancs mais également l ‘expression de leur domination sur les populations africaines.


Exposition coloniale de Marseille, 1906

Affiche 

 

L’exposition coloniale de Marseille en 1906 est ouverte d’avril à novembre au Grand Palais de l’exportation. Elle propose aux visiteurs des expositions sur les Beaux-Arts coloniaux mais également des reconstitutions exotiques. Ces reconstituions permettent aux visiteurs de s’imaginer dans les colonies. Cette affiche met cette fois seulement trois personnages représentant les modèles des civilisations asiatique, noire et arabe. Ces trois personnages sont vêtus traditionnellement mais se tienne fiers devant un paysage maritime et une côte qui incitent le lecteur de l’affiche au voyage. Pour marquer le coté exotique de l’exposition, en plus des personnages de l’affiche ; des fruits exotiques jonchent le sol. On peut y reconnaître des ananas, des bananes et autres fruits issus des colonies. L’apparition de l’oiseau peu commun sur le continent européen marque le fait que l’exposition touche beaucoup de domaines des cultures présentées.


 

Centenaire de l’Algérie, 1930

Si l’homme blanc à soif de connaissances il veut également entretenir les liens qui l’unissent au colonisé. Et pour cela il produisent des images mettant en avant une colonisation idyllique où chaque peuple y trouve sa place et s’intègre parfaitement dans le respect mutuel des différents modes de vie. Cette affiche est une affiche officielle produite par les services administratifs français en 1930. Il y a alors un siècle que les Français se sont lancés dans la conquête de l’Algérie et à l’occasion du centenaire de cette entreprise, il s’agit pour l’homme blanc de la célébrer. Le personnage de gauche est un colon français, il est accompagné d’un arabe. Le premier symbolise la France, tandis que le personnage de gauche représente les colonies.

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Cette affiche donne de la colonisation une image en apparence parfaite. Les deux personnages marchent côte à côte en amis, le français, la main posée sur l’épaule du colonisé dans un geste à la fois protecteur et paternel. Cette attitude n’est pas innocente, elle reflète la conception dominante que se font et que veulent donner les français de la colonisation. Celle-ci est présentée comme une œuvre civilisatrice, la France venant apporter aux peuples colonisés les bienfaits de son avance dans tous les domaines. Mais aussi elle veut tout connaître et malgré la présence du geste fraternel ou amical entre ces deux hommes le but de l’entreprise est pour le moins intéressée.


Rencontre entre un colon et un pygmée

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La curiosité des hommes blancs va même jusqu’à explorer le fin fond de l ‘Afrique pour y dénicher les peuples les plus étranges comme ce pygmée qui s’entretien avec un explorateur blanc. Le contraste entre les deux hommes est frappant : il est visible surtout sur trois plans ; la couleur de peau, la tenue vestimentaire et surtout la taille. Cette photographie prise dans un endroit naturel où il n’y a aucune trace de civilisation quelconque mais plutôt un feuillage divers et important nous montre deux hommes de profil ayant une taille pour l’un bien singulière à celle que connaissent les hommes blancs du continent européen. Le pygmée n’est vêtu que d’un simple pagne et marche pied nu alors que l’explorateur est vêtu de clair, en botte et coiffé d’un chapeau colonial. Cette photographie nous montre une scène sans animosité visible : les deux hommes sont rapprochés et tiennent leurs mains a la même hauteur. Malgré cela un sentiment de supériorité se dégage de l’homme blanc en partie dû à la différence de taille.


Exposition coloniale de Paris, 1931

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Cette affiche pour une exposition coloniale internationale de 1931 propose aux futurs visiteurs de l’exposition selon l’inscription du bordereau de celle-ci de faire le tour du monde en un jour. En effet cette exposition coloniale comme son nom l’indique, expose différents peuples des colonies françaises aux yeux avides des blancs. Sur cette affiche quatre races d’hommes sont représentées par un noir, un arabe, un asiatique et un peau-rouge. Ils sont tous vêtus de manières traditionnelles en fonction de leur coutume, du climat et des matières présentes sur leur lieu de vie. Devant l’asiatique est marqué PARIS 1931 ce qui marque le fait que ce soit pour permettre aux hommes blancs de parfaire leur culture générale du monde et non pour rendre hommage aux différentes cultures qui sont expliquées à la population blanche et des environs de Paris. En arrière-plan on peut deviner à droite une architecture travaillée peut-être pour symboliser la culture asiatique et à gauche flotte un drapeau tricolore français sur une architecture et clair qui marque une appartenance à un pays du sud. Et sur un ciel bleu est écrit le titre EXPOSITION COLONIALE INTERNATIONALE.



L’éducation du bon ptit nègre est un des piliers de la colonisation. En effet tout transite par l’apprentissage d’une langue d’une culture et d’une religion. Tout ceci ne fut pas fait dans le seul but de leur apporter la connaissance et une aide humanitaire pour mieux lutter contre les aléas de la vie et de la nature. Mais quel est donc le but de cette manœuvre voir même de cette entreprise qui fut exécutée à grande échelle ; sinon le fait de créer entre les colonies et la métropole des liens solides ou passerelle économique. Ceci fut également fait dans le but d ‘assouvir et d’étancher la soif de connaissances des colons


Posté par hubertpoirot à 17:31 - - Permalien [#]