02 février 2007

Par le biais d'images démontrant une servitude totale

Dépôt d'armes de chefs de tribus africaines

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La scène se déroule en côte d’ivoire dans un décor naturel dépourvu de toute trace de civilisation développée. Nous voyons une hutte imposante derrière les hommes blancs et la présence d’arbre qui n’est pas sans rappeler une certaine idée de naturel dans une tribu africaine. Cette illustration du petit journal représente les chefs d’une tribu africaine déposant les armes aux pieds de colons. Nous pourrions également dire que nous assistons au fait que la tribu vient faire acte de soumission aux Français Les armes misent en scène sont des armes a feu traditionnelles des ethnies d’Afrique venus sans doute réclamer et asseoir leur domination sur cette tribu qui est en fait l’expression d’une généralité soit le fait que les colons ont bafoués les libertés de ces populations ethniques en les soumettant au jouc de l’européen. Nous pouvons remarquer plusieurs détails frappants qui marquent vraiment la soumission de l’homme noir : tout d’abord le contraste vestimentaire qui oppose les colons aux colonisés. Ceux-ci sont vêtus traditionnellement d’une tunique découvrant leur torse. Alors que les colons sont vêtus de costumes clairs mais les couvrant entièrement, ils sont également coiffés d’un chapeau colonial et la présence de leur moustache et de leur chevelure claire ne fait qu’augmenter le contraste. Mais ce qui frappe le plus est le fait que ceux-ci sont assis en position décontractée et supervisant mais surtout en position de force par rapport aux indigènes qui sont situés en face et debout ou a genoux comme celui au premier plan qui présente les armes qu’ils possèdent aux colons. Derrière les deux colons assis se situent trois autres colons dont deux sont habillés de blanc et le troisième en tenue militaire. Mais dans ce groupe aux tenues européennes mais quelques peu hétérogènes nous pouvons y ajouter un sixième acteur qui est quand a lui un nègre en uniforme militaire rappelant celui des tirailleurs sénégalais. Il semble être là c’est a dire du coté des noirs pour superviser l’action qui est celle du dépouillement de la tribu en arme a feu. Il apparaît un peu comme un être plus élevé que les autres noirs car il ne se tient ni incliné ni en position de soumission mais bien au contraire droit et fier.

Cette illustration marque donc le début de la soumission totale de la race noire face à l’expression dominatrice des blancs même si cette image ne se situe pas, dans le temps, au début de l’aire colonisatrice mais plutôt aux alentours de 1900.
Nous pouvons donc constater que cette image a une vocation de rappel mais surtout de démontrer que l’homme blanc est supérieur aux autres races car il se fait obéir même des chefs de tribus.



Photographie d'un européen en tipoye

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Nous entrons maintenant dans la réalité du contexte avec la photographie d’un Européen en tipoye* en Afrique noire. Cette photographie date de 1904 et nous confronte à un monde traditionnel, celui de l’Afrique noire, rien que par le mode de transport et le décors : la présence d’une hutte en arrière plan, les habits traditionnels des trois africains présents sur l’image mais également l’état du sol qui est encore à l'état sauvage. La présence également d’arbres en arrière plan marque l’aspect sauvage du contexte de la photographie. Nous pouvons remarquer que l’homme blanc est situé au centre de l’image assis sur la tipoye encadré par deux individus noirs soutenant la tipoye sur leur tête.

Cette photographie de 1904 marque et conforte l’idée de domination tyrannique* des Européens face aux population colonisées. Cette domination est exprimée par la servitude des deux porteurs noirs présents sur la photo vis à vis de l’homme blanc assis tranquillement sur sa chaise et regardant  le lecteur via l’objectif ; il prend la pause pour immortaliser le moment. Nous le voyons mettre le bras visible sur sa hanche comme pour se reposer ou se maintenir droit dans la chaise. Nous assistons donc à l’expression de la domination et l’établissement du rapport maître esclaves.



Hommes d'Eglise sur chaise à porteur

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Nous avons devant nous deux hommes d'Eglise et cinq nègres, dont un peu visible en arrière plan qui semblerait être une femme portant un colis sur sa tête. Les quatre autres noirs ont donc une vocation de porteurs une fois encore, mais avec une différence toutefois ; c’est que les voiturettes servant au transport des hommes blancs sont pourvus de roues et de poignées : ce qui évite aux nègres de devoir les porter sur leur tête. Nous remarquons également que ceux-ci sont habillés de la même manière, c’est à dire une culotte sombre descendant en dessous des genoux et un maillot de corps marin. Cet uniforme est le symbole de l’ordre qui règne dans les colonies. Mais revenons un peu sur les deux personnages les plus important de la photographie, soit les deux hommes d’église. Les présentations n’ont pas été faites : nous sommes en présence de Monseigneur Augouard surnommé « l’évêque des anthropophages* », qui est en tournée épiscopale au Congo et sans doute avec lui son aide de camp ou une autre personnalité de l’église chrétienne comme nous le démontre la croix que l’évêque porte autour de son cou et le fait que les deux hommes sont vêtus de la soutane. Tout semble s’accorder à merveille : le décor, les différents personnages de la photographie, l’ordre hiérarchique entre les nègres et les deux hommes blancs.

Nous assistons ici à un autre exemple de domination de la race blanche sur la race loire. Mais cette fois ci c’est l’Eglise, nous dit on, qui en abuse ; car cette Eglise, celle qui prône l’amour en prêchant que l’on doit aimer son prochain a ici une forme bien singulière d’amour ! En effet nous pouvons voir sur cette photographie sept acteurs composés de deux hommes d’église blancs et de cinq noirs dont l’un d’entre eux en arrière plan.



Plantation de café (Cameroun)

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Changeons de décor, de pays puisque nous voici au Cameroun dans une plantation de café où règne ordre, discipline, et injustice, mais où celle ci n’a ni lieu d’être et encore moins le droit de s’exprimer au grand jour. Nous pouvons voir sur cette image qu’une poignée d’hommes blancs assure l’ordre et la domination sur les nègres qui sont pourtant deux fois plus nombreux qu’eux mais qui, malgré cet avantage qui pourrait s’avérer non négligeable, ne se révoltent pas, préférant le travail.
La photographie met en scène ici quatre hommes blancs reconnaissables à leur tenues de couleur claire mais où les complets sont d’avantage là pour rappeler les tenues plutôt civilisées symbolisant les pays d’Europe, mais dont deux seulement sont correctement identifiables. L’un placé au centre des rangs de café supervisant le tout et affublé d’un chapeau colonial et de lunettes de soleil, vêtu d’un costume blanc et d’une cravate noire et ayant les mains dans les poches ce qui montre que cet homme n’est pas là en qualité de travailleur mais bien de surveillant. Alors que les trois autres hommes situés sur le coté gauche de la photographie se contente de regarder les nègres travailler de loin, préférant sans doute se tenir à l’écart pour peut-être ne pas salire leurs costumes clairs qui sont appropriés au climat mais pas à la tache qu’accomplissent les noirs.

Maintenant penchons nous un peu sur les vrais acteurs de cette scène c’est à dire la main d’œuvre chargée de la cueillette du café. On ne peut distinguer leurs visages car ceux-ci sont penchés et ont enfouis leur faciès parmi les feuilles de café.



Chargement de coton a Brazzaville

 

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Cette affiche serait à classer dans différentes catégories dont celle de la soumission que je vais exploité mais également pour l’aspect économique car nous sommes a Brazzaville ou l’on effectue un chargement de coton. Cette scène se déroule donc en A.E.F* en 1910. Sur cette photographie ou l’on voit évoluer une colonne de ballots de coton matière qui est une fois de plus produite exclusivement dans les colonies car le synthétique n’existe pas encore et il faut donc se fournir exclusivement des matières premières. Nous voyons sur la photographie un homme habillé en colon avec un chapeau colonial en guise de couvre chef puis une succession de plusieurs ballots de homme habillé en colon avec un chapeau colonial en guise de couvre chef puis une succession de plusieurs ballots de cotons supportés par des paires de jambes noires, nous y devinons bien évidemment des hommes noirs sous ces ballots. Le décor dans lequel évolue la scène se déroule sur une place de terre battue et dans le fond de la scène on peut voir des habitations coloniales car l’architecture est de loin différente a celle des huttes de terre et de paille que fabriquent les indigènes. L’homme en question au premier plan a la main droite levée ; il semble en avoir après la personne juste devant lui car il lève sans doute sa main en signe de mécontentement. Cette affiche que l’on peut interpréter de plusieurs manières possibles peut donc exprimer ici la soumission des hommes noirs ou main d’œuvre face au pouvoir tyrannique de l’homme blanc symbolisé donc par la main levée.

Si le choix de traiter cette image en dehors du reste du groupe peut paraître étrange mais celui-ci vient justement du fait que, outre la soumission de l’homme noir présent dans cette image, l’aspect économique est également présent ainsi que l’idée de progrès et d’avancée technologique. Mais ces aspects ne seront pas mis en valeur dans cette partie du dossier.



Chasseurs de "pirates"

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Cette photo est un fragment d’une carte postale qu’envoyaient les colons d’Indochine à leurs compatriotes de France. Elle montre une pratique datant de 1856 envers les « pirates ». « Pirates » était le nom donné aux premiers indépendantistes.

Cette photo est prise dans le Nord-Tonkin (Nord du Viêt Nam) en 1908. Ces têtes de « pirates » sont soupçonnées d’avoir empoisonné des soldats français. Quatres blancs et des partisans posent autour du trophée. Les blancs sont vêtus à l'européenne : pantalons et vestes blanches, jodhpur, chapeaux. Ils portent également tous la moustache. Leurs visages sont emplis de fierté et de bravoure.

La cruauté exercée par les colons montre à quel point les indigènes sont dominés par des tyrans sans état d'âme. Entre les mains des occidentaux, ils ne sontplus que des bêtes traquées, pour finalement voir leurs tête exposées comme trophée.


            Comment ne pas voir en ces images l’expression de la soumission totale de l’homme noir ou devrait on plutôt dire dans ce cas du nègre voire même du bétail face à la domination de la race blanche qui est comme nous avons pu le constater en minorité sur chaque représentation.


Posté par hubertpoirot à 17:18 - - Permalien [#]